la CPJP, 1ère déclaration, sortie de clandestinité

Publié le par Askabiol

DECLARATION N° 001/01/09

I- PUISQUE Me GOUNGAYE EST MORT

Puisque la mort tragique de Me GOUNGAYE WANFIYO NGANATOUA nous a ôté l'espoir de justice en faveur des victimes, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix en abrégé CPJP a décidé de sortir de sa clandestinité. Nous croyions en Me GOUNGAYE, notre espoir, notre force d'attente de la réalisation de notre rêve de victimes abandonnées.

Puisqu'il n'est plus, nous nous défendrons nous-mêmes car le silence du Pouvoir de Bangui prouve sa satisfaction de voir les victimes devenues orphelines se chercher un autre GOUNGAYE. C'est pourquoi, nous avons choisi la date du 07 janvier 2009, date d'enterrement de notre héros, pour rédiger notre Déclaration.

II- PUISQUE LES CAROTTES SONT CUITES

Nous avions espéré qu'avec le Dialogue Politique Inclusif (DPI) les choses allaient se normaliser. Mais nous nous sommes trompés. Nos politiciens nous ont encore trahis. Pour eux, les carottes sont déjà cuites sur le plan des partages et, pour les populations que nous sommes, nous devons nous contenter de la trompeuse accalmie en attendant que l'un deux ou plusieurs, une fois contrecarrés, se mettent à vociférer pour soi-disant dénoncer en notre nom, PEUPLE CENTRAFRICAIN, les dérives du Pouvoir auxquelles eux-mêmes ont contribué. Le DPI fut l'unique occasion pour obtenir la démission de François BOZIZE, et faire appliquer la Constitution. Mais nos politiciens ont préféré négocier des pardons personnels entre eux et s'assurer d'avoir leur part du gâteau.

Le DPI fut réduit à une concertation des bourreaux qui eurent l'occasion de contourner leurs forfaits : "tu ne dis rien, je ne dis rien". Ils ont évité le dossier des victimes, les vraies causes du retard de notre pays, son manque de cohésion sociopolitique et les différents Accords et Conventions opaques jamais rendus publics.

Alors nous disons NON! La recréation est terminée. Le temps des alliances politiques alimentaires pour tromper la Jeunesse et le Peuple est révolu! C'est le lieu de dire que la CPJP n'est pas une rébellion née de la déception d'un leader politique égoïste. C'est la RESISTANCE des victimes anonymes, des combattants trahis et de la jeunesse ayant retiré toute confiance à la Classe politique du pays.

III- BOZIZE EST LE PROBLEME ACTUEL DU PAYS

Aujourd'hui, il est évident que le problème de notre pays est François BOZIZE. Parce que présentement nous vivons la situation de "l'incendie sort de l'eau". Nous ne pouvons plus faire confiance à quelqu'un :
qui ne respecte pas sa parole,
qui viole la Constitution,
qui manipule une ethnie contre d'autres pourtant toutes Centrafricaines,
qui arnaque les opérateurs économiques,
qui ordonne l'arrestation arbitraire de ses compatriotes,
etc.

La perte de légitimité du Pouvoir de Bangui devrait interpeller le monde entier par la grande misère qui sévit au sein des populations rurales témoignant ainsi l'énorme décalage entre le Premier citoyen et le Peuple profond avec les multiples entorses à la Loi, à la Justice et à la Morale publique.

IV- BOZIZE N'EST PLUS DIGNE D'ETRE NOTRE PRESIDENT

Comment pouvons-nous nous sentir en sécurité si l'homme qui est supposé bien nous conduire nous incite à la haine sociale ? Nous citons par exemple :
l'incitation à la justice populaire, INSECURITE,
la protection d'auteurs de graves crimes humains, IMPUNITE,
les tueries de populations dont celle de 2006 à kabo par la Milice présidentielle qui a emporté injustement bétails et argent. Cette tuerie a provoqué la riposte militaire d'éléments étrangers sur notre sol en tuant des Centrafricains et en recevant une amende versée par François BOZIZE, NON PROTECTION DES POPULATIONS CIVILES,
le refus d'exécuter des décisions de justice et la récidive contre la Cour constitutionnelle notamment la promulgation d'une fausse loi, TRAHISON,
les pillages des bureaux d'achat et domiciles des collecteurs de diamants et or dans les zones minières avec toutes les conséquences avilissantes sur les familles Centrafricaines de ces collecteurs, employés, artisans miniers et autres creuseurs appelés NAGBATA, ARNAQUE D'ETAT,
etc.

V- BOZIZE LUTTE CONTRE LA PAIX ET LA SECURITE

Comment pouvons-nous nous sentir en sécurité chez nous si l'homme qui est supposé nous défendre contre toute oppression cherche paradoxalement à terrifier les populations dont il sent l'envie de sanction en 2010 et à asservir des citoyens au profit d'autres dont il se sent redevable. Nous citons seulement deux cas essentiels qui sont :
François BOZIZE, ayant senti sa défaite prochaine et appréhendé le refus d'obtempérer de l'Armée à tuer des Centrafricains, a écarté d'engager notre pays aux côtés de la République Démocratique du Congo, du Soudan et de l'Ouganda dans la lutte contre l'Armée de la Résistance du Seigneur (LRA) qui veut s'implanter chez nous. Cette attitude est due au fait que François BOZIZE envisage exploiter les expériences négatives de Joseph KONY et ses hommes contre le Peuple. Des contacts auraient été pris dans ce sens. L'expérience des BANYAMULUNGUE n'aura servi à rien. François BOZIZE et Joseph KONY sont liés par un intérêt commun à savoir comment échapper à la Cour Pénale Internationale (CPI).

Au nom d'une hypothétique union sacrée avec ZAKARIA DAMANE, François BOZIZE fait arrêter tout individu indexé par le signataire du cessez-le-feu de Birao d'appartenir aux politico-militaires. Les citoyens de certaines préfectures doivent se soumettre aux caprices de cette union sacrée de peur d'être taxés de rebelles. Des citoyens subissent continûment, avec peur et indignation, l'arrogance et l'effronterie de leurs concitoyens juste parce que ceux-ci sont soutenus par François BOZIZE et sa Milice présidentielle.
En effet, il souviendra au public que des hommes de DAMANE avaient perpétré des crimes contre des citoyens paisibles. Lorsque les parents des victimes exigèrent que justice soit faite, François BOZIZE, lié par son union sacrée, les a vitupérés. Ainsi, au lieu de poursuivre les auteurs présumés de ces crimes, ce sont les plaignants qui sont arrêtés, emprisonnés et torturés, parce que les assassins retournèrent l'accusation contre les plaignants en les indexant de rebelles. SOIT !

VI- BOZIZE NE DIT PAS LA VERITE SUR NOS CAPACITES

François BOZIZE, sur conseil de sa Milice et conseillers, a cru pouvoir nous déloger. Il a vu les pertes subies dans nos zones. Mais il refuse de dire la vérité au Peuple.

Nous lui avions dit notre intention en prenant le maquis. Nous étions dans sa sécurité et dans l'Armée, il nous connaît. Mais il refuse de dire la vérité au Peuple.

Nous avions tapé du pied pour être pris en compte dans le processus du DPI, mais l'attention publique fut détournée des réalités du terrain. Nous envoyâmes des signaux lorsque nous repoussâmes les éléments de la Milice présidentielle dépêchés à nos trousses. Il y'eut des pertes humaines et matérielles du côté de la Milice. François BOZIZE l'a su. Mais il refuse de dire la vérité au Peuple.

Nous avons été à ses côtés aussi bien dans les souffrances (en exile), que dans l'allégresse (le 15 mars) et également dans la réalité du Pouvoir (après la transition). Nous connaissons l'homme ainsi que sa foi inébranlable aux "valeurs" du tribalisme. Nous l'avons vécue dans notre quotidien, les Centrafricains aussi. Tout ce qui est bien va dans sa poche et à ses proches. Mais il refuse de dire la vérité au Peuple.

Nous avons décidé de ne rien prendre aux populations, et nous tenons parole. Nous voulons faire justice, les populations le savent. Nous ne dérangeons personne si ce n'est François BOZIZE lui-même. Mais il refuse de dire la vérité au Peuple.

Nous sommes dans les villes et villages, dans les forêts et savanes de notre beau pays. Nous atteindrons Bangui en triomphateurs où nous sommes déjà en paisibles citoyens. François BOZIZE sait ce que nous valons sur le terrain militaire. Mais il refuse de dire la vérité au Peuple.
Puisque trahis, honnis et abandonnés par le Pouvoir de Bangui, nous, personnalités et organisations ayant adhéré à la CPJP, exigeons la démission de François BOZIZE.

Fait à Bossembélé, le 07 janvier 2009

Pour le Conseil Politique National,
Le Chargé de Mission, Rapporteur,
Assan M'BRINGA TOGBO

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